Du 24 au 28 septembre prochain, venez assister à la mise à feu de charbonnière, à leur cuisson et au défournement du précieux charbon ! Cet évènement s’inscrit dans le cadre d’un Projet Collectif de Recherche sur les territoires forestiers du Limousin anciens, menés par le laboratoire de géogarphie Géolab UMR-6042-CNRS, de l’Université de Limoges. L'objectif est de réaliser trois charbonnières d'environ 4 m3 à titre expérimental pour étudier les comportements de carbonisation des différentes essences d’arbres. Vous pourrez suivre l'avancée de leurs travaux dans cette rubrique.

C’est quoi une charbonnière ?

Le charbon de bois a longtemps constitué une ressource énergétique de premier rang que se soit pour les activités artisanales, industrielles et domestiques avant d’être supplanté par les énergies fossiles (charbon d’origine minérale, gaz, pétrole). La transformation du bois en charbon nécessite une cuisson avec le minimum d’oxygène possible et pour cela la confection d’une meule de bois a souvent constitué le mode de production le plus utilisé. Même si l’on n’en garde peu de souvenirs, le charbonnage a occupé une place importante dans les métiers de la forêt, au côté des bûcherons, feuillardiers, scieurs de long… ses vestiges sont nombreux en forêt et nous permettent de se pencher sur cette histoire dont peu d’archives écrites témoignent.

Pourquoi refaire des charbonnières ?

L’analyse des restes de charbon des plateformes sur lesquelles étaient érigées les meules nous permet d’obtenir diverses informations sur le paysage exploité par les charbonniers : les espèces (chêne, hêtre, châtaignier…), leur diamètre et leur croissance. Mais entre la coupe du bois en vue du charbonnage et le temps de l’analyse des restes charbonneux, nombre de processus (manipulation, piétinement des charbons, vente du charbon…) nous empêchent d’interpréter directement le paysage passé. Aussi, l’objectif de cette expérimentation est de prendre la mesure de l’ensemble des processus de carbonisation (gestuelle, température de cuisson, comportement des bois…) dans l’espoir d’estimer la distorsion entre le paysage réel (les bois coupés pour la charbonnière) et le paysage interprété (résultats de l’analyse des restes charbonneux).

Comment s’y prendre ?

Conduire la cuisson d’une charbonnière demande un grand savoir faire que seul de nombreuses années d’expériences permettent d’acquérir. Cette expérimentation aura donc lieu grâce à la nécessaire contribution de l’association « Les Charbouniers de Quinçy » qui nous viennent du Cher. La mise à feu aura lieu le Jeudi 25 Septembre au matin et le démoulage des charbons le Dimanche dans la journée mais la conduite de la cuisson de la charbonnière demande une présence de tous les instants, de jour comme de nuit, du monde sera donc présent auprès des meules du début à la fin. Venez nombreux !

Sandrine Paradis & Romain Rouaud

Doctorants en Géographie

Géolab UMR-6042-CNRS

05.55.43.55.88

sandrine.paradis@etu.unilim.fr – romain.rouaud@free.fr